La CICA est une association à but non lucratif et à vocation mondiale. Elle rassemble des banques et d’autres institutions engagées dans le financement de l’agriculture et du monde rural. La CICA s'adresse aux dirigeants élus et aux directeurs généraux de ces institutions avec le but :

  • de leur apporter les connaissances et les avis les plus récents pour orienter leur politique de financement de l’agriculture ;
  • d'encourager l’échange et le dialogue entre eux ;
  • de leur permettre d’innover et d’améliorer les services financiers destinés à l’agriculture et au secteur rural.

La CICA veut aussi participer à la promotion des idées sur le financement de l’agriculture en direction de l’opinion, des gouvernements et des institutions spécialisées.

Agriculture africaine : la longue route de Malabo

Agriculture africaine: la longue route de Malabo  

Jean-Christophe Debar, directeur de la fondation FARM

En juin 2014, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA), réunis en Guinée équatoriale, adoptaient la « Déclaration de Malabo sur la croissance et la transformation accélérées de l’agriculture en Afrique pour une prospérité partagée et de meilleures conditions de vie ». Ils prenaient ainsi une série d’engagements, à l’horizon 2025, visant essentiellement à renforcer les investissements dans ce secteur, éliminer la faim, réduire la pauvreté de moitié et tripler le commerce intra-africain des produits et services agricoles. Pour « traduire rapidement ces engagements en résultats », la Déclaration invitait les autorités compétentes à « mener, tous les deux ans, à partir de 2017, un processus d’examen de l’Agriculture et faire rapport sur les progrès accomplis à la Conférence [de l’UA], en sa session ordinaire de janvier 2018 ».    

L’échéance a été respectée : le premier rapport bisannuel a été présenté aux gouvernants africains le 29 janvier. Mais ses conclusions sont préoccupantes. Si des progrès notables en matière de développement agricole et de sécurité alimentaire ont bien été réalisés en 2015 et 2016, « l’Afrique, globalement, n’est pas en voie d’atteindre les engagements de Malabo ». Sur les 47 pays membres de l’UA (sur un total de 55) qui ont fourni les données nécessaires au calcul des 43 indicateurs de performance élaborés par les experts, 20 seulement pourraient concrétiser les objectifs fixés en 2025. Le Rwanda vient en tête, devant le Mali et le Maroc. Au niveau sous-régional, l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe semblent en mesure de respecter leurs engagements, tandis que l’Afrique centrale, l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest marquent le pas.

Les indicateurs révèlent plusieurs points faibles. En 2016, seuls 10 Etats membres ont alloué à l’agriculture au moins 10 % de leurs dépenses publiques, comme ils l’avaient promis ; 12 ont financé la recherche agricole à hauteur d’au moins 1 % de la valeur du PIB agricole ; 18 ont vu leur PIB agricole croître d’au moins 6 % par an. Enfin, 9 pays ont lutté avec succès contre la faim et pourraient enregistrer, en 2025, un taux de sous-alimentation inférieur à 5 %, comme c’est déjà le cas en Egypte, au Ghana, au Mali, en Mauritanie, au Maroc et au Niger. Face aux énormes défis que doit relever l’agriculture africaine, dans un contexte d’explosion démographique et de changement climatique, les gouvernements doivent encore accroître leurs efforts pour que la Déclaration de Malabo ne reste pas lettre morte.   

Rencontres CICA
Les Rencontres CICA 2017